25 août 2008

Au fond de la grange de Querbes, le quartet du sud-africain Makaya Ntshoko attaque un concert essentiellement coltranien. Au saxophone, Andy Scherrer travaille le son autant que l’inspiration; le pianiste et le contrebassiste, remplaçants, se calent d’instinct dans une musique extrêmement esthétique. Makaya Ntshoko, ancien batteur d’Abdullah Ibrahim, est éblouissant de délicatesse et d’ingéniosité. Dans la grange corps et têtes oscillent, balancent, le public danserait bien si le plancher vétuste le supportait. Fréquemment, sourires et regards établissent la complicité entre les musiciens, atténuant l’austérité d’une très grande concentration. Complémentarité entre le batteur et le saxophoniste, chevronnés, imprégnés de l’âme coltranienne et la fraîcheur de la jeunesse du pianiste et du contrebassiste, heureux de se lancer dans le flot du swing. Lorsque le saxophone introduit le deuxième morceau, la beauté est là, happant et figeant l’attention des spectateurs. Puis, de solo en solo, l’exigence de perfection ne se dément pas, suspendant le temps, l’absorbant pour transformer l’écrin de pierre de la grange en un univers de musique.
Marie-Françoise