27 août 2016

Le jeune homme à l'harmonica


Le jeune homme à l'harmonica est parti jouer ailleurs le 22 août à l'âge de 94 ans.
En 2010, Jazz sur son 31 a eu la bonne idée de programmer la même semaine Wayne Shorter et Toots Thielemans. Deux figures dont les images visuelles et sonores sont inoubliables. Comme il est agréable de chatouiller sa mémoire pour qu’émergent les sensations et les émotions de ces moments rares! Toots Thielemans, je l’avais entendu dans les années 1980 en région parisienne, avec sa verve, sa gouaille et surtout surtout ses mélodies, son phrasé, sa générosité. Le retrouver en 2010 avec une bande de jeunes - Nathalie Loriers au piano, Sal La Rocca à la basse et Joost Van Schaik à la batterie – fut un enchantement. Il était infatigable, racontant ses histoires avec Louis Armstrong et stimulant ses musiciens pour jouer, toujours jouer. On était bien loin des prestations normées, d’une heure et demi plus le rappel. Le jeune homme à l’harmonica, 88 ans, était infatigable et insatiable.
Comme il est bon d’avoir de tels souvenirs !
Marie-Françoise 
photo Jazz sur son 31

01 août 2016

Kind of Washington



Un jazzman afro-américain de 74 ans qui vient pour la première fois en France et qui choisit Treignac en Corrèze, EVENEMENT, vous ne croyez pas ? 
C’est dimanche 7 août 2016 à 21h15 au festival Kind of Belou.
Donald Washington, un nom de premier président des Etats-Unis, un nom de capitale des mêmes états … un nom du jazz. Réputé plus pour sa pédagogie que pour sa musique, c’est lui qui donna des cours à Little Jimmy, futur James Carter, grâce à Kevin le grand frère, bien introduit dans les cercles musicaux de sa ville. Celui qui est venu à deux reprises à Souillac en jazz se rappelle ses premières leçons: «Chaque samedi, il me consacrait deux ou trois heures de son temps. J'étudiais grilles et gammes jazzy, l'improvisation, mais aussi les bases de la musique classique. Et surtout, nous écoutions énormément de disques. Sans Donald Washington, je ne serais certainement pas musicien à l’heure qu’il est… il est pour moi ce que Elijah Muhammad était à Malcolm X.» C’est lui qui présenta Carter à Lester Bowie, venu lui aussi à Souillac.
Compagnon de route de musiciens de l’AACM comme Roscoe Mitchell, Julius Hemphill, Muhal Richard Abrams, Leroy Jenkins ou encore Lester Bowie et Hamiett Bluiett, il est par ailleurs avec Faye sa femme, chanteuse, le père du batteur Kevin Washington, compagnon, lui de Craig Taborn, David Murray, Chico Freeman et autre Antonio Hart.
Il est l’invité du trio de Catherine Delaunay « SDS », Catherine, c’est Marc Perrone, Laurent Dehors, Claude Tchamitchian, Isabelle Olivier … En 2014, elle réunit ce trio avec Guillaume Séguron et le batteur des Twin Cities Davu Seru. Ensemble ils enregistrent « La double vie de Pétrichor ». Jean Rochard (nato) dit de la clarinettiste : « La poésie ancrée dans le réel est une fibre essentielle du jeu de Catherine Delaunay, clarinettiste apte à rendre par son jeu, le chant d'une complexité d'émotions, d'une intensité amoureuse. »

https://www.kindofbelou.com/

22 juillet 2016

Le musée et les instruments : des enfants attentifs et créatifs



Marie-Claude, attentive, veille sur les enfants, Soumia, Rydwane, Damien et Clément. La musique percussive des marteaux donne naissance à de nouveaux instruments faits de canettes, de capsules de bouteille et autres bouts de bois. Les percus s’agitent, secouées ou pas, créant des rythmes afro-cubains ou sud-américains. Leurs yeux brillent de satisfaction devant leurs créations et le regard attentif de papa et maman. Tout ce petit monde s’anime dans un écrin musical remarquable. Les murs et l’espace sont occupés par une décoration originale : instruments de musique du monde entier. Des guitares, des banjos, des violons, des percussions variées qui proviennent de tous les continents. On peut admirer, mais pas toucher l’ingoma du Rwanda, le bumbumbu du Kenya, le doumdoumba du Burkina-Faso, un passionnant jeu de quinze angkloungs de Java avec ses deux octaves. Le Musée des Automates, passage obligé pour le visiteur, s’accommode de la curiosité musicale incontournable dans Souillac, ville du jazz.
Jean-Louis Crassac
Photo Jean-Claude Elisas

20 juillet 2016

Un démarrage en fanfare



Premier concert de Souillac en Jazz et pas n'importe quelle fanfare ! Le Wonder Brass Band: six musiciennes, en tenue noires et blanches habillées, pleines de personnes et de fantaisie.  En ces jours de deuil national, le festival a choisi de confier au jazz, cette musique née de la résistance à la haine et à la brutalité, le soin de souffler l'air de la solidarité.
Cette année encore,  les bancs et chaises de l'église sont sortis écouter du jazz, complétant ainsi la salle de spectacle en plein air de la place.  La municipalité de Pinsac, et une poignée de Pinsagais, ont accompagné le festival de jazz pour construire, le temps d'une soirée, cet espace de partage musical devant la petite église.
Le Wonder Brass Band a su créer une belle entente avec le public, sans cesse sollicité et toujours réceptif, renvoyant des échos palpables du plaisir de l'écoute.  Réunir en fanfare une caisse claire,  une grosse caisse,  une trompette,  un saxophone, un trombone et un soubassophone pourrait sembler classique ; mais lorsque six musiciennes prennent à bras le corps leur musique et l'offre au public, leurs personnalités composent un ensemble et donnent une identité collective à un spectacle musical et visuel original.
Alors, on a pu entendre des arrangements wonderisés de grands standards auxquels se sont ajoutés des airs latino ou funky, certains purs jazz, créés par le groupe.  Les rythmes toniques de la fanfare et les mélodies pêchues ont offert des espaces à l'expression de chacune.  Un arc-en-ciel de couleurs émotionnelles s'est déployé au gré des solos.  Avec souvent une grande sensualité.  Des dialogues,  duos entre souffleuses et avec les "caissières",  ont dévoilé leur complicité interne.
"Et maintenant,  Mesdames et messieurs,  vous allez entendre une composition du Wonder Brass Band.  Pour toi, pour toi, et pour toi aussi..."  a déclaré à plusieurs reprises la soubassophoniste créant une forte intimité avec chaque spectateur et jouant sur le comique de répétition.  Avec peu de paroles, elles ont su créer le sourire et partager la joie de la musique.
Il est essentiel d'ajouter que la scène est devenue un lieu de composition graphique: les musiciennes l'ont habité, ont dessiné des figures par leurs déplacements,  jeux chorégraphiques qui valorisent la musique.  La scénographie,  travail d'équipe conçu avec la metteuse en scène Marie Puech, est précise et efficace, toute en finesse.
Humour, sensualité,  féminité,  surprise et joie sont sans doute les airs dominants de la soirée.  Et l'invitation à la danse, à laquelle le public a répondu unanimement, a terminé la soirée dans un bel élan collectif.
Merci les filles !
Marie-Françoise