04 janvier 2017

3 jours de jazz dans la vallée

Souillac en jazz collabore aveec le Théâtre de l'usine de Saint-Céré pour proposer des concerts de jazz. Après Lou Tavano en novembre et le succès de ce spectacle, voici venus les premiers concerts de 2017.

Le jeudi 19 janvier au théâtre de l'usine à Saint-Céré, le groupe La Recette : une musique aux influences de la Soul, du Jazz, du Rock et de la Pop : des clins d’œil au passé dans une musique bien ancrée dans le présent, et tournée vers le futur. Cette diversité fait la force et le son du groupe : moderne, cosmique, énergique. On se souvient des mélodies, on les fredonne, on danse.


Le vendredi 20 au Cantou à Floirac et le samedi 21 au théâtre de l'usine, le duo Echoes of spring. Alain Barrabès et Jérôme Gatius, c’est «la musique en duo qui s’appuie sur des rythmes enjoués et dansants » comme le dit Jean-Claude Doignie de Bassin’jass, rythmes comme ceux de Jelly Roll Morton, historien et théoricien du jazz. Ce dernier était comme le dit André Hodeir, un « demi-dieu pour d’innombrables amateurs de jazz de l’après guerre ».

Aujourd’hui, je fais miens ces mots de Sim Copans dans la préface de Mister Jelly Roll d’Alan Lomax en 1964 : «Le jazz est comme une rivière emportant tout, cherchant de nouvelles voies, souvent débordant ses rives. Mais cette rivière ne serait rien sans ses affluents sans Louis Armstrong, Sidney Béchet et Jelly Roll Morton ». Ce dernier comme d’autres : Willie Smith « The lion », Fats Waller et son « Alligator crawl » ne sont pas des affluents oubliés du jazz, de nombreux jazzmen contemporains leur rendent hommage comme Post K de Jean Dousteyssier, qui, largement influencé par le free jazz des années 60-70 et par la musique improvisée européenne des vingt dernières années, invite à une musique populaire, à la fois riche et savamment déstructurée.
Alain Barrabès sera pour deux soirs le « Seigneur des touches noires » comme aimait à se nommer Mister Jelly Lord ! et Jérôme Gatius « le symbole du jazz » comme Duke Ellington qualifiait Béchet.

renseignements, réservations : 

En ligne : www.theatredelusine-saintcere.com
Par téléphone : 05 65 38 28 08
Au théâtre : mardi, jeudi et vendredi 14h-18h, mercredi 9h-12h/14h-18h
Les jours de représentation 2h avant le spectacle.

28 décembre 2016

Aux crayons, Frédéric Médrano



Le dessinateur-illustrateur-auteur de bandes dessinées Frédéric Médrano a suivi toute la semaine de l’édition 2016 de Souillac en Jazz, crayon et carnets à la main. Intégré dès les premiers jours à l’équipe de bénévoles, il a partagé les réunions et les repas. Il a assisté à tous les concerts, à la randonnée, aux animations de rues. Il a arpenté Souillac, guidé par la musique et par son plaisir de dessiner. Il a restitué son travail dans un ouvrage édité par l’Association pour le festival de jazz Sim Copans de Souillac : Souillac en Jazz. Carnet 2016. Y apparaissent les silhouettes des musiciens Shabaka Hutchins, Dave Douglas, Omar Sosa, Jacques Schwarz-Bart, ainsi que toutes les formations qui ont joué pendant toute la semaine dans les différents à Souillac et dans les villages. Les illustrations sont accompagnées du récit du quotidien d’un spectateur bien particulier, avec les anecdotes glanées « de l’intérieur ». Une belle façon de découvrir ou de retrouver les airs et les ambiances de cette semaine de juillet.
Marie-Françoise


19 décembre 2016

Je me souviens de Georgette



Georgette Delpech – mais à Souillac, on dit Georgette comme on dit Miles ! - est partie rejoindre les Calvel, Copans, Bailles, Stephant, Dubois, Pivaudran un samedi de décembre. Aux dernières nouvelles, ils seraient au Paradise Jazz Festival … à Chypre !
Georgette était bénévole au festival, elle tenait à tenir la caisse les soirs de concert, une caisse claire même à 89 ans quand elle passa les baguettes.(cf photo)
Elle transmettait aux générations futures l’Histoire de la ville, de ses hommes célèbres – il faudra l’ajouter à la liste - elle était la voix de Souillac, depuis celle du bureau de poste une nuit de juin 44 réveillée à 1h moins le quart du matin par la division Das Reich afin d’appeler le Maire, à celle du guide du patrimoine souillagais – elle mérite d’entrer au patrimoine immatériel de Souillac – en passant par la mémoire de la ville et ses Amis du Vieux Souillac dont elle a entretenu la jeunesse.
Georges Pérec se souvenait des émissions de Sim Copans,
-          Je me souviens de la promenade nocturne le mercredi 20 juillet 2005 pour le 30e festival, où Georgette nous amena à la découverte de la ville ancienne avec le Bernic jazz band,
-           Je me souviens de la balade nocturne accompagnée du Mystère des éléphants le samedi 18 juillet 2015 pour le 40e festival où elle nous fit découvrir l’amiral Verninac et son buste. Un buste pour Georgette, comme Louis Vicat, non, mais une salle de Souillac, une place, une rue afin que Souillac ne perde pas la mémoire.
-            Je me souviens de la balade avec le Room Bazar, un soir de juillet 2016, elle n’était pas avec nous mais avait contribué à la rédaction de l’histoire des vielles portes et des familles du centre-bourg.
A Souillac en jazz, nous nous souviendrons de Georgette
Robert Peyrillou, président de Souillac en jazz et l’ensemble des bénévoles.


12 décembre 2016

Un concert pas ordinaire

Music’Halle, jeudi 8 décembre 2016, un concert pas comme les autres.
Quelques semaines auparavant, une discussion avec deux musiciens du groupe Alfie Ryner, le saxophoniste Paco Serrano et le tromboniste Guillaume Pique, avait mis en lumière les particularités de Rhizomes, création musicale en milieu pénitentiaire. Avant le concert, en pleine période de répétition. Ils avaient expliqué qu'ils s’étaient engagés tous les deux dans le projet, décidés à animer un atelier avec des détenus du Centre de Détention de Muret.
En trois mois de deux heures de travail hebdomadaire avec une quinzaine de détenus, il s’était passé beaucoup de choses, autour de la musique bien sûr. Les deux musiciens professionnels étaient arrivés avec un projet préconçu, essentiellement pour travailler en musique électronique. Les détenus volontaires pour prendre part à l’atelier, eux, avaient envie de jouer de la musique et surtout leur musique, celle qu’ils avaient déjà pratiquée, celle de leurs racines, qu’ils viennent de Tahiti, des Antilles ou de métropole. D’ailleurs dans l’idée qui avait prévalu à cette activité, il ne s’agissait pas d’enseigner de la musique mais de préparer une création musicale commune. Qu’ils nous ont présentée, finalisant ainsi le projet.
Beaucoup d’instruments occupaient la scène en demi-cercle : des guitares, une basse, des ukulélés, des percussions (djembés, congas et autres), une batterie, des ordinateurs et autres objets de musiques électroniques, un saxophone et un trombone. Une attente forte, aussi bien du public que de tous les musiciens, était prégnante, avec des incertitudes et la perception d’enjeux inhabituels. Le public savait qui ils étaient et ils savaient que le public savait. Questions de regards. Et d’affronter les regards ?
Le concert a commencé par un rap, écrit par le chanteur, qui prit place à la batterie par la suite, assurant une cohésion rythmique sans faille. Plusieurs textes chantés ou lus, en créoles et en français, ont créé une énorme émotion à l’écoute de ces personnes qui avaient la force de dire leur réalité. Les deux « animateurs » avaient trouvé une place, leur place, sur le côté, aux manettes de l’électronique et aux embouchures de leurs instruments. Le répertoire ? Il était très agréable d’écouter les musiques tahitiennes -essentiellement à partir des ukulélés et du djembé- et antillaises soutenues par des chants qui semblaient porter des histoires et des vies. On ressentait un relâchement, quelque chose de simple et de naturel : chanter, jouer et partager des airs connus. Le saxophone et le trombone ont pris des chorus au sein des mélodies, avec plaisir. Sourires. Bien sûr, les compétences musicales étaient très hétérogènes, les cultures musicales également. Mais dans cette diversité s’est noué un flux sonore composite, solide et fragile à la fois, sensible.
Quelle expérience, pour nous les spectateurs !
Les rhizomes courent sous la terre et de là naissent et s’épanouissent les cultures. Ce nom, choisi pour ce groupe éphémère, a tenu ses promesses dans un concert qui s’inscrit dans les événements rares.
Marie-Françoise

Les Productions du Vendredi développent depuis 2011 un volet d’action culturelle s’adressant à différents publics, dont les publics en difficulté. Rhizomes s’est construit en partenariat avec la Centre de Détention de Muret, avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées et de la DISP (Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires) de Toulouse ainsi que du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) dans le cadre du programme Culture-Justice.

30 octobre 2016

Ne passez pas à côté de Lou Tavano, vous le regretteriez



Un album somptueux. - André Manoukian, France Inter
Sans aucun doute la révélation vocale de l’année. - TSF Jazz
La voix grave, abbyssale, et comme voilée de givre de Lou Tavano. Louis-Julien Nicolaou, Les Inrocks
Un premier vrai grand disque. Une formidable présence. Alex Dutilh, France Musique
Originalité, talent, poésie. Jean-Yves Chaperon, RTL
Un charisme exceptionnel. Elle s’impose comme l’une des plus intrigantes voix du jazz apparues ces dernières années. Marius Trésor, Rfi
Un petit bijou. For You confirme aujourd’hui avec éclat tout le talent et toute l’originalité de Lou Tavano. Philippe Blanchet, Rolling Stone
Un album splendide. Tout est parfait, c’est de très, très haut vol. Patrick Bivort, RTBF
Notre coup de coeur. Chaque composition est un récit où les mots chantent, dansent ou pleurent. Charlotte Bibring, Fip
Sa voix, délicieusement éraflée, nous communique la joie autant que le frisson de l’émotion. À découvrir ! Fara C., L’Humanité
Il n’y a qu’une seule Lou Tavano, et personne d’autre ne lui ressemble. Laurent Sapir, TSF Jazz
Quand on chante ainsi le jazz dans la langue de Molière, difficile de résister. Jazz Magazine
Lou Tavano, la voix royale. Gilles Carrière, Le Télégramme


Samedi 5 novembre 2016 à 20h30 au théâtre de l’usine à Saint-Céré (Lot) en collaboration avec Souillac en jazz

20 octobre 2016

Lei-la Belle




Mardi 18 octobre 2016, Jazz sur son 31. Sous le chapiteau de l’Automne club où se faufile encore la lumière du jour finissant, des clochailles résonnent doucement dans le silence quand Leila Martial, Pierre Tereygeol et Eric Perez entrent par la porte du fond. Au milieu, la batterie et de part et d’autre la chanteuse et le guitariste : la musique sera donnée par une symbiose de leurs découvertes, de leurs imaginaires, de leurs audaces.
Un souffle, une respiration absorbés puis restitués par le pouvoir des machines électroniques s’étendent pour que les premiers chants puissent se chercher, se trouver, explorer l’espace et nous toucher. Le souffle et la voix jaillissent, à la fois inconnus et familiers. Une musique corporelle – alors me reviennent en mémoire les images des concerts des Humanophones, où Leila avait associé sa voix aux percussions corporelles. Un corps à la fois souple et solide, ancré et mouvant.
Leila Martial joue chez elle ce soir, elle en est émue et confie-t-elle toute excitée par la sortie de leur  premier disque, Baabel.  L’énergie et l’enthousiasme ne demandent qu’à nous contaminer et la musique ne nous lâche pas. Les onomatopées deviennent mots d’un langage que nous ignorions connaître et les mots, loin de se désarticuler, se réarticulent dans une parole neuve, que nous comprenons. Eric Perez (batterie) et Pierre Tereygeol (guitare) joignent leurs mélopées. Un jeu éminemment collectif : les audaces, les explorations, les prises de risque s’enchaînent. Si souvent le groupe soutient le soliste, celui qui expérimente, qui se lance, ici les musiciens se stimulent, s’encouragent à aller plus loin, ailleurs, autrement ; ils semblent émerveillés par leurs idées et leurs découvertes. Et nous aussi.
La nuit est tombée, resserrant l’intimité autour de la scène, seule éclairée. Les sonnailles à nouveau. Et des images des films d’Alain Guiraudie – en particulier Du soleil pour les gueux – se superposent dans ma tête, paysages des Grands Causses où les troupeaux de chèvres et de moutons croisent des personnages venus des contes anciens. La poésie sauvage des paysages pelés où surgissent les rêves.
Une longue mélopée de Pierre Tereygeol emmène dans un autre ailleurs, peut-être plus méditerranéen et plus mélancolique.
La chanteuse dit un texte, elle dit la chèvre, exploratrice hardie et libre. Puis elle livre des sons hardis et libres, des textures inentendues, noués dans les explorations sonores du batteur et du bassiste.
Me voici toute étonnée, toute chamboulée.
Le public rayonne, heureux.

Si je parle peu de la musique, elle ne demande qu’à être écoutée puisque l’album Baabel est disponible. En outre, un film documentaire, Vocal Acrobats, réalisé par de Klemens Shiess, avec Leila Martial et Andreas Schaerer est paru en dvd. Pour donner suite…
Marie-Françoise